Les rues de Oysonville nous parlent

Publié le 6 Janvier 2011

Les rues de Oysonville parlent. Elles racontent l’histoire du village et gardent une trace indélébile du  passé.

 

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Certaines sont très explicites sur les lieux dont elles sont associées : Rue de la Mairie, Rue du Calvaire, Rue du château d’eau ou même la Rue du moulin attestant de la présence d’un ancien moulin à vent typique de Beauce avant que celui ci disparaisse. D’autres laissent entrevoir une page de l’histoire, à l’image de la Rue du tour du village qui dessine le tour de l’ancienne muraille sensée protéger le village.

La Rue des francs bourgeois a pris son nom actuel car il devait y avoir  dans cette rue une ou des "maisons d'aumônes" dont les occupants étaient affranchis de taxes en raison de leurs faibles ressources. Ces mêmes occupants étaient appelés «francs-bourgeois» ou bourgeois miséreux.

Non loin de là, la tour d’Allonville qui se trouve à proximité du Château était le lieu de stockage d’armes et pièce d’artillerie. Elle a fortement impacté les noms des quelques ruelles qui l’entourent. C’est le cas de l’Impasse de la bricole. La bricole est une pièce d'artillerie médiévale. Constituée d'un balancier appelé verge au bout duquel est attachée une poche contenant des projectiles, elle était actionnée en tirant sur l'autre extrémité du balancier, la traction étant facilitée par l'ajout d'un contrepoids. Ce redoutable engin pouvait ainsi projeter un boulet de 10 à 30 kg par minute. C'est d’ailleurs cet engin qui est à l'origine de l'expression « s'attirer des bricoles ». Son apparition date du XIIe siècle. Cet engin de défense sera utilisé jusqu'au XVe siècle. Le Chemin de la Plante pourrait être aussi associé au château et à la tour d’Allonville car la «Plante» est parfois assimilée à une zone d’observation, de guet, à l’avant d’un château. A moins que la «Plante» signifierait tout autre chose : elle se dit particulièrement d'une jeune vigne, d'une vigne nouvelle.

En effet, certaines rues rappellent combien la viticulture était importante dans le passé: Rue du sentier des vignes ou Résidence de la vigne blanche, Impasse du tonnelier

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la vigne était présente dans presque toute la Beauce. Le vignoble de l’Ile de France voisine, totalisa jusqu’à 44.000 ha dans les années 1850.

Le vin coûtant de plus en plus chère à produire et ne rapportant pratiquement plus rien, on renonça à la vigne après la guerre de 14-18. Les vendanges étaient une des principales fêtes «gastronomiques». Le raisin était déversé dans des baquets constitués de tonneaux coupés en deux appelés «anchots» ou dans les tonneaux à «gueule bée» (défoncés à une extrémité). Quand ces récipients étaient pleins, ils étaient transportés à la maison. Le raisin y était écrasé à l’aide d’un pilon puis était transvasé dans la cuve cerclée de bois. Le foulage du raisin y était terminé au pied.

Pour le tonnelier, le travaille ne manquait pas. On disait qu’il était «en presse». Les tonneaux appelés «poinçons» ou «rondelles» étaient dûment révisés. La « fiche » fixée au tonneau  donnera le nom de la Rue de la Fichtonnerie (fiche + tonnerie), autre passage caractérisé par la présence d’un tonnelier. 

Quant à la vigne blanche, c’est aussi le nom que l’on donne à la «fausse vigne», une variété de  clématite.

Le tonnelier n’est pas le seul corps de métier représenté au travers des rues du village. Il y a aussi l’Impasse du Cordonnier et puis la Rue de la Tuilerie qui rappelle combien la fabrique de tuiles et de briques dans cette rue était importante et reconnue auparavant.

La Rue des Mésanges et l’Avenue des Acacias, rappellent simplement le caractère rural du village.

Mais ceci est une autre histoire…

 

A.ANCHISI

 

Source : Le folklore de la Beauce, volume 2, éditions G. P. MAISONNEUVE et LAROSE, Paris 1966.

 

Rédigé par Allan ANCHISI

Publié dans #Histoire

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Source 24/01/2014 15:57

Source: Allan Anchisi, Étonnantes histoires d'Oysonville, un village beauceron, Éditions du nets