La terreur des bois de Saint Escobille (Les Chauffeurs d'Orgères)

Publié le 27 Juin 2011

Avant le développement de l'agriculture et le défrichement des terres, Saint-Escobille était autrefois un pays richement boisé.

 Quelques petits bosquets et autres lieux-dits dénudés d'arbres portent encore des noms évocateurs tel que le «Bois du Bout du Parc» ou le «Bois de l'Epreuve»…

Tous ces bois de Saint-Escobille furent longtemps l'un des repaires principaux de la redoutable bande de brigands surnommée les « Chauffeurs d'Orgères ». A l'époque révolutionnaire de la fin du XVIIIe et de ses désordres économiques, une vaste bande de 500 brigands s'était formée en Beauce, attirés par ses riches fermes isolées, ses routes fréquentées par les diligences, les voitures de poste, les caisses et autres convois militaires.

Elle était constituée d'hommes, de femmes, et même de vieillards et d'enfants errants, les "mioches". La bande, commandée par un nommé « Beau François » et un exécuteur particulièrement cruel « le Rouge d'Auneau », fut rapidement surnommée les "Chauffeurs d'Orgères" : ses membres opéraient surtout autour de cette commune située près de Châteaudun et la technique de ces brigands était de chauffer les pieds de leurs victimes dans l'âtre de la cheminée ravivé, afin qu'elles avouent où se cachaient leurs économies. Leurs méfaits accomplis et pour partager leur butin, les brigands se repliaient dans les bois de la Beauce dont ceux de Saint-Escobille ou personne n’osait s’aventurer tant la terreur était profonde. Leur histoire se termina lors de l’arrestation de 300 membres: 23 d'entre eux, dont le sinistre Rouge d'Auneau, furent guillotinés à Chartres, le 4 octobre 1800. Après l'exécution publique des condamnés, la justice fit réaliser des masques mortuaires dans un soucis d'édification de la population devant une exécution à caractère social plus que politique. Ils sont aujourd’hui exposés au musée des beaux-Arts de Chartres.

Quant au Bois de l'Epreuve, il doit son nom à une époque plus ancienne. Il semblerait qu'au Moyen-Âge, du temps des seigneuries, il fut l'endroit où des tortures étaient pratiquées afin d'établir la vérité ou la fausseté d'une accusation. Mais ceci est une autre histoire…

A.ANCHISI

 

  chauffeur

 

 

Rédigé par Allan ANCHISI

Publié dans #Histoire

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Source 24/01/2014 15:55

Source: Allan Anchisi, Étonnantes histoires d'Oysonville, un village beauceron, Éditions du nets