Oysonville, ses environs et l’aviation

Publié le 2 Septembre 2013





Oysonville et ses environs ont toujours été étroitement liés à l'histoire de l’aéronautique. La région est d’ailleurs parfois
considérée comme le berceau de l’aviation.

Tout a commencé avec l’abbé Jacques Desforges qui fut en charge de l’église d’Oysonville. Il réalisa en 1772 un char volant à
ailes battantes fabriquées avec des plumes d’oiseaux avec lequel il essaiera de s’élancer du haut de la tour de guinette à
Etampes. Grace à cette folie il est considéré comme l’un des précurseurs de l’aviation.

Un siècle plus tard, les activités professionnelles d’Eugène Farcot, bienfaiteur de Sainville et qui est à l’origine du musée Farcot,
le conduisent à voyager et à faire fortune. Il se découvre alors très vite une véritable passion pour l’aéronautique. Il conçoit et
exécute lui-même un modèle réduit de ballon dirigeable, présenté sous l’appellation de «Modèle d’ensemble de navigation
aérienne» en 1863 à l’occasion d’une exposition au Palais de l’Industrie à Paris.

Au cours de la guerre de 1870 opposant la France à la Prusse, Paris s'est retrouvée encerclée. Des ballons à gaz, avec nacelle, ont
été utilisés pour transporter notamment le courrier civil ou militaire, et des passagers, ainsi que des pigeons voyageurs. Ils
étaient gonflés avec du gaz d'éclairage hautement inflammable. Les départs se faisaient de jour comme de nuit, essuyant les tirs
de barrage des troupes prussiennes. Deux décrets du 27 septembre 1870 de l'Administration des Postes du Gouvernement de la
Défense Nationale autorisent officiellement l'expédition du courrier par voie d'aérostats. Ces deux décrets marquent la
naissance de la Poste aérienne. Le 12 octobre 1870, Farcot traverse les lignes prussiennes à bord du ballon-poste « Le Louis
Blanc». Cet exploit lui vaudra d’être distingué pour sa conduite pendant la guerre par un brevet que lui remet le Préfet de Paris.
Le 8 novembre 1870, le ballon « La Gironde » partit avec 60 kg de courrier de la Gare d’ Orléans (ou gare d'Orsay devenu le
musée d’Orsay) à 08 h 20 et a atterri à Gaudreville exactement à 15 h 40. Pour la 1ère fois de l’histoire, un grand cru de
Bordeaux est dégusté lors du voyage aérien : 2 bouteilles de Château-Giscours bues en cours de route et jetées avec un message
sur les Prussiens ! La ligne des 1ères classes est alors inventée !

L’histoire de l’aéronautique continuera de se poursuivre dans nos plaines à Mondésir exactement. Ce petit terrain de Guillerval a
vu passer les plus grands noms de l'histoire de l'aéronautique comme Henry Farman, Louis Blériot, Jules Vedrines, et bien
d'autres pionniers. En 1910 les frères FARMAN y créent une école militaire de pilotage, suivis par Blériot, puis par Tellier. C'est
en 1909 que Louis Blériot utilisa, probablement pour la première fois, les champs de la Ferme de Mondésir pour y préparer la
traversée de la Manche. Blériot s'envola de Mondésir pour rallier Chevilly en passant tout proche d’Oysonville dans les cieux
d'Angerville et Toury notamment. Le plan de vol était de suivre la voie de chemin de fer et la Nationale 20. Ce trajet est
considéré comme le premier voyage en avion de « ville » à « ville » (42km de distance). Une école militaire d'aviation est fondée
à Mondésir qui formera quelque 2000 pilotes lors de la guerre 14 - 18. En 1910, Henri Farman remporte le prix de 100 Francs
pour un vol de 10 km en ligne droite avec un passager, entre Villesauvage et Angerville.

En 1930 la Patrouille d’Etampes est crée et deviendra la Patrouille de France ! L’intensité de l’activité de cette école conduisit à
la recherche dans un rayon de 15 km d’une piste annexe parfaitement dégagée. La prospection aboutit à la conclusion que les
parcelles convenant le mieux à cette destination se situaient entre Gaudreville et Oysonville ! Ainsi une prairie artificielle et
provisoire fut-elle louée dès juillet 1933 et quasiment jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Ce terrain dit "d'Oysonville" sera
cité de nombreuses fois dans les rapports militaires et occupé par l’armée française puis allemande. Le 6 juin 1940, Trois
bombardiers Léo 45 ont décollé pour une mission dans le nord, des aviateurs furent abattus au dessus de Roye. L’occupation
allemande à Oysonville fut notamment marqué par ce chasseur allemand qui en retour de mission faisait régulièrement du rase
mottes et coucher les paysans à plat ventre. Le pilote avait un long foulard rouge et de nombreux trophées peint sur le
fuselage...Ce terrain « d’Oysonville » est aujourd'hui ensemencé. Il ne reste plus aucune trace. D’autres types d’hélices, des
éoliennes, en ont maintenant pris la place tel un clin d’œil au passé. Mais ceci est une autre histoire...

Rédigé par Allan ANCHISI

Publié dans #Histoire

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Source 24/01/2014 15:52

Source: Allan Anchisi, Étonnantes histoires d'Oysonville, un village beauceron, Éditions du nets